Biochirurgie: La chirurgie de la vie
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Chirurgie “mutante”, Chirurgie préparée et réfléchie

L’accession au statut de biochirurgien nécessite un préalable indispensable: l’imagerie pré-opératoire. Essentiellement représentée par l’échographie et dans des indications très précises par l’IRM, cette imagerie répond aux 3 règles fondamentales de notre philosophie, puisqu’elle s’intéresse à l’anatomie unique de l’individu, à ses modifications physiologiques spécifiques et l’approche volumique dynamique (3D temps réel) les restitue au sein d’un pelvis viscéral, musculaire et vasculaire en mouvement. Globalité et fonction ainsi appréciées, s’intègrent dans une démarche diagnostique rigoureuse, basée sur le respect de check-lists pré-établies, personnelles et évolutives.


Notre pratique gynécologique quotidienne est ainsi, en pleine mutation, car le biochirurgien prolonge son examen clinique par le toucher échographique et prépare ainsi son geste opératoire. Aucune exploration paraclinique n’est aussi facilement accessible avec une telle rentabilité et nous disposons pratiquement tous d’un échographe dans nos bureaux de consultation. Toute la pathologie utéro-ovarienne peut être abordée avec une sonde vaginale, et nous passons d’une palpation bi-digitale aveugle, si expérimentée soit-elle, à un « toucher vaginal échographique » doté d’une acuité visuelle performante y compris en relief.


L’acquisition de la 3° dimension apporte une précision considérable, et c’est là toute une nouvelle séméiologie échographique que nous allons devoir intégrer. Cette approche volumique apporte un autre regard, complémentaire, par un repérage anatomique simplifié puisque nous disposons simultanément du volume, de ses 3 plans de référence et de tout le temps nécessaire pour travailler ensuite le volume sans gêner la patiente. La possibilité de sauvegarde des volumes permet une étude secondaire pratiquement identique à celle du temps réel et offre la possibilité de faire appel à un référent.


La pathologie annexielle est la première à bénéficier de cette approche et nous accédons à la kystoscopie virtuelle. Cette kystoscopie est extrêmement précise et les aspects décrits sont superposables à ceux retrouvés lors de la coelioscopie. Nous sommes installés à l’intérieur de l’image kystique et nous pouvons à souhait prendre le temps d’une analyse exhaustive. Notre diagnostic pré-opératoire gagne en sensibilité et spécificité. De même la pathologie endométriale, bénéficie de cette représentation volumique et une hystéroscopie virtuelle, magnifiée par le contraste liquidien, nous placera dans les conditions du réel opératoire.


Ainsi, il est temps et logique d’intégrer l’échographie vaginale dans la continuité de notre examen clinique, car elle métamorphose cet outil en véritable lecteur d’anatomie et de pathologie individuelle. Elle est la première condition à une chirurgie préparée, réfléchie pour une stratégie opératoire initiale optimale.


Ma double activité d’échographiste et d’endoscopiste me conforte dans cette idée de complémentarité exemplaire pour arriver au statut de véritable Biochirurgien.



Dr. Thierry Haag